samedi 28 novembre 2009

@rrêt sur images n°101

Citation du jour
"La nuit de vérité nous coupe la parole."
(René Daumal)

@rrêt sur images, n° 101

Vincent Peillon veut rallonger l'année scolaire de trois semaines : voilà le titre que vous n'avez lu dans aucun journal. Et pourtant, c'est une des propositions-phare des journées de travail organisées par Peillon à Dijon, l'autre week-end. On peut être favorable ou opposé à la mesure, mais le projet intéressera tous les citoyens. Au lieu de cela, vos journaux et émissions préférés se sont pourléchés des noms d'oiseaux dont se sont affublés Peillon et Royal. Comment une querelle de cour de récréation peut-elle supplanter à la Une un débat de société ? Les responsables politiques en sont-ils un peu complices ? Pour en débattre, Vincent Peillon est sur notre plateau, avec des représentants des anciens (et des nouveaux) médias.

Si les responsables politiques et les journalistes ne cessent de jouer à chien et chat, c'est aussi parce qu'ils se connaissent sur le bout des pattes. Et depuis toujours. A propos du ralliement à Ségolène Royal d'une journaliste de France Inter, Françoise Degois, nous avons invité dans Ligne j@une des vétérans du journalisme politique, qui ont tous, à un moment, franchi "la" ligne qui les séparait de l'action politique proprement dite. Ils ont rejoint Mauroy, Bayrou, ou MAM. Et tous d'expliquer, en choeur, que journalisme et action politique sont bel et bien le même métier. A quel point cette consanguinité imprègne la tradition journalistique française, notre émission vous permettra de le mesurer.
Daniel Schneidermann

vendredi 27 novembre 2009

Rentre ici Guy Lux

Citation du jour
"L'absurde, c'est la raison lucide qui constate ses limites"
(Albert Camus)


Vendredi c'est François Morel !




jeudi 26 novembre 2009

Le CERN fera-t-il voyager dans le temps?

Citation du jour
"Le mensonge, ce rêve pris sur le fait." (Louis Ferdinand Céline)

Le CERN fera-t-il voyager dans le temps ?




L'accélérateur de particules du CERN près de Genève pourrait être endommagé par des éléments venant du futur.


25 novembre 2009

science-fiction voyage dans le temps 
Un an après l'incident technique qui avait provoqué sa fermeture en septembre 2008, le LHC (Large Hadron Collider) le fameux collisionneur de hadrons du CERN a commencé à se remettre en route. Les premières particules (ions et protons) ont même fait leur entrée, il y quelques jours, dans le gigantesque circuit fermé (27 kilomètres de diamètre) de l'installation où leurs collisions devraient donner quelques précieuses indications sur la validité des théories physiques qui se multiplient ces dernières années. Mais tout n'est pas rose, non plus, dans une communauté scientifique où se mêlent la crainte, l'espoir, le réalisme et l'angoisse face aux défis que peut générer le LHC.

Sauveur ou bourreau ?


Comme s'il s'agissait d'un scénario de science fiction, les théories les plus folles et les plus romanesques circulent (souvent sur la toile) sur les dangers de cette pharaonique installation. Une nouvelle version de la théorie du complot mais qui ne nait pas, cette fois, de l'imaginaire de personnes désinformées ou de célébrités engagées mais de la plume de quelques spécialistes en la matière. Ce fut déjà le cas peu avant l'ouverture du LHC, en 2008, quand deux scientifiques américains dénoncèrent le CERN (devant un tribunal d'Hawai) en prétendant qu'il pouvait créer un dangereux trou noir.


C'est au tour maintenant de Holger Nielsen, chercheur à l'institut Niels Bohr de Copenhague, et Masao Ninomiya, de l'institut de physique théorique de l'université de Kyoto, d'affirmer qu'il serait possible que des informations venant du futur arrivent dans le présent pour faire tomber en panne le LHC et empêcher la découverte du Boson de Higgs. Des hypothèses qui semblent farfelues mais qui s'appuient sur des théories parfaitement scientifiques (l'univers sans bords de Hawking) pour expliquer que la nature a tellement horreur du boson qu'elle casse toutes les machines capables de le découvrir. Cela expliquerait aussi, selon eux, la fermeture d'un projet similaire d'accélérateur aux Etats-Unis en 1993 ainsi que les pannes à répétitions qu'a subi le LHC depuis son ouverture. En effet, les physiciens travaillent depuis longtemps avec un modèle, appelé modèle standard, qui décrit parfaitement le fonctionnement des particules microscopiques. Mais ce paradigme prédit aussi l'existence d'une particule, appelée boson de Higgs, qui «investit» toutes les particules de leur masse et dont la détection est prioritaire pour le LHC. Mais ce n'est pas le seul objectif. La mise en évidence de la super symétrie, la détection de dimensions supplémentaire ou l'explication du surplus de matière sur l'antimatière sont d'autres résultats attendus...


Wells ou pas Wells ?
 
On voit donc que la physique se trouve à un tournant théorique et que le LHC se présente comme le parfait instrument de confirmation pratique. Rien de mieux, pour y voir plus clair sur les attentes et les spéculations que produit le collisionneur, que de demander directement à Etienne Klein, physicien au CEA (Commissariat à l'Energie Atomique), enseignant à l'école centrale à Paris et un des divulgateurs scientifique (Petit voyage dans le monde des quanta ou Les tactiques de Chronos) les plus réputés de France.

Comme tout chercheur, et bon lecteur de Popper, Klein affirme qu'il ne «peut pas dire que ce n'est pas possible. Il y a des gens qui envisagent ce genre de choses». «Il y tellement d'idées en physique, il y tellement de conjectures qui vont au delà de ce qu'on a pu observer (...) qu'il y a une prolifération de modèles et, parmi eux, il y en a qui envisagent la téléportation temporelle du futur vers le passé (ou le présent)». Cela voudrait-il dire qu'il est possible que nos compagnons du futur soient en train d'essayer de saboter les expériences que les scientifiques veulent mener? Non, répond Klein pour qui il existe trop de «paradoxes logiques et de difficultés conceptuelles» à une telle théorie.

«La machine à la Wells, qui remonte un temps newtonien et qui se déplace le long du temps cosmologique depuis le Big Bang jusqu'à nos jours à volonté, cela n'est pas possible», explique-t-il. La relativité et l'antimatière excluent, en principe, cette hypothèse car leur existence semble confirmer le bon fonctionnement de ce que l'on appelle le principe de causalité. Cette loi physique, qui parait assez évidente, explique que si un phénomène (la cause) produit un autre phénomène (l'effet), alors l'effet ne peut précéder la cause. En clair, la télé ne peut pas s'allumer avant d'avoir appuyé sur la télécommande et les boules de billard ne peuvent se disperser avant de se heurter.


Or c'est bien là le problème qui se présente souvent dans les scénarios impliquant un voyage temporel. L'exemple le plus connu est, sans doute, l'assassinat dans le passé du père par son fils ce qui provoquerait...l'impossibilité de l'existence de ce même meurtrier. Le père serait alors en quelque sorte vivant et mort...à la fois.


C'est donc le bon sens qui semble nier ces paradoxes. De plus, si cette machine était possible, on ne comprendrait pas vraiment pourquoi elle n'est pas déjà parmi nous, étant donné que les humains du futur (ayant découvert et construit l'engin) pourrait revenir à souhait dans notre époque. Paradoxalement, une machine à remonter le temps semble être donc une invention intemporelle ou éternelle.

Qu'est ce que voyager dans le temps ?


Pour autant, il existe d'autres formes de voyages dans le temps qui pourraient être possible. Dans le cadre de la gravité quantique, c'est-à-dire cette partie de la physique qui étudie les particules microscopiques (comme au LHC), «on a du mal à exclure des solutions d'équations qui correspondent à des boucles spatio-temporelles» admet Etienne Klein. «Les machines à remonter le temps dont on pourrait parler en l'occurrence, qui vivrait une sorte de temps cyclique, sont des particules» explique le physicien. C'est la théorie des scientifiques danois et japonais qui ne pensent pas que des hommes retournent vers leur passé mais plutôt que des informations infiniment petites voyagent dans le temps.

Mais il y a des solutions plus surprenantes. Non pas des voyages dans son propre passé ou futur, comme on le pense souvent, mais des voyages dans le futur d'autrui. Surprenant, n'est-ce pas? Pas tant que ça. En effet, une des conséquences de la théorie de la relativité d'Einstein est qu'il y a autant de temps différents qu'il y a d'observateurs. En ce sens, le fameux scientifique pensait que chacun avait son espace temps individuel, appelé univers bloc, qui nous est donné de toute éternité. «L'espace temps est non temporel, il est statique, il a toujours été là» explique Klein et «c'est nous, observateurs, qui suivons dans cet espace temps nos lignes d'univers et créons l'impression que nous avons que le temps passe». Comme quand on est dans un train, et qu'on pense que le paysage défile mais, en fait, c'est notre mouvement qui le fait défiler. Dans ce cas là, l'impossibilité des voyages dans le temps est lié au fait que notre trajectoire dans l'espace temps est unidirectionnelle.

Mais, comme chacun a un espace temps propre et que celui-ci dépend de l'observateur, il est possible en théorie de voyager dans le temps futur d'autrui. Le temps ne passe pas de la même façon pour tout le monde. C'est le célèbre paradoxe des jumeaux. L'histoire de deux jumeaux dont l'un est envoyé dans l'espace dans une navette qui va à une vitesse proche de celle de la lumière pour revenir sur terre quelques années après. Dans cette expérience de pensée, à son retour le voyageur sera plus jeune que son jumeau car, en quelque sorte, il a voyagé dans le futur de son frère. Plus précisément, en se déplaçant l'un par rapport à l'autre, les deux temps se désynchroniserait et l'astronaute aurai vécu (dans le temps de son frère), un temps plus long. Une autre manière de voyager dans le temps qui n'est pas celle de la machine classique mais celle du temps flexible et relatif.


Heureux qui comme... ?

On ne compte plus les films, séries ou livres qui rêvent d'une telle possibilité. Mais d'où née cette fascination pour les changements d'époque? «Finalement c'est la question de la mort, du vieillissement, de sa propre histoire qui est posée là», répond Klein. «Tout le monde, en regardant en arrière, a l'impression d'avoir raté des occasions ou d'avoir commis des erreurs». Le voyage temporel apparait alors comme un moyen fantasmé de revivre une nouvelle vie (si le choix est le passé) ou de donner un sens à son existence (si c'est le futur). Des enjeux problématiques sur lesquelles se centre aussi la psychanalyse, comme le rappelle le physicien. Ces voyages posent des questions essentielles sur l'identité, les rêves et les peurs de chacun de nous. En ce sens, ils sont un très bon reflet de l'inconscient collectif de notre époque.


Ainsi, en imaginant que cela soit possible, y-aurait-il vraiment beaucoup de volontaires pour tenter trajet? Pas sûr, répond Klein, pour qui «un voyage dans le temps doit relever du cauchemar». En ce qui concerne le passé, le manque de commodités et les difficultés pour s'intégrer à une autre époque semble être des raisons suffisantes pour refroidir les possibles ardeurs. Mais, en ce qui concerne le futur, le constat est encore plus saisissant. Comme l'explique Klein, dans sa jeunesse «tous les magazines parlaient de l'an 2000», on expliquait «comment on allait voyager, ce qu'on allait manger; on dessinait les villes dans les revues». «Il y avait une représentation préalable de l'an 2000. (...) Et ce que je remarque c'est que ce travail n'est plus jamais fait. Plus personne ne fait de prospectives sur 2050. Car à chaque fois que l'on extrapole les tendances d'aujourd'hui on aboutit à des catastrophes, soit démographiques, soit climatiques, soit énergétiques», remarque très justement le scientifique. Une forme de régression qui ramène l'Age d'Or dans le passé alors que les Lumières l'avait placé dans le futur. Dans ce contexte, la question pourrait aussi bien être: veut-on voyager dans le temps?

Quoi qu'il en soit, pour cela il faudra que le LHC apporte les solutions que toute la communauté scientifique attend de lui. Comme le rappelle Klein, on se trouve face à «une panne de libido pour la science» et pour la réactiver il faudrait faire des découvertes qui offrent de nouvelles perspectives. «Pas seulement le Boson de Higgs mais (...) la super symétrie ou une nouvelle dimension d'espace temps» pour créer une excitation colossale. Et peut-être découvrir le secret du voyage dans le temps. Mais pour cela il faudra encore attendre... un petit bout de temps.
Slate.fr - Aurélien le Genissel

Lire également sur le même sujet: Le voyage dans le temps pour les nuls.
Image de Une: The London Eye à Londres Stefan Wermuth / Reuters

mercredi 25 novembre 2009

La route

Citation du jour
"Pour faire la paix, il faut être deux, soi-même et le voisin d'en face."
(Aristide Briand)

LA ROUTE

Au cinéma le 2 décembre, un film de John Hillcoat
avec Viggo Mortensen, Robert Duvall, et Charlize Theron...






mardi 24 novembre 2009

Loup

Citation du jour
"Retournons à nos moutons." (François Rabelais)

Le film Loup de Nicolas Vanier en salle le 9 décembre 2009


lundi 23 novembre 2009

Un cadeau modeste et génial !

Citation du jour
"On ne se méfie jamais assez des mots."
(Louis Ferdinand Céline)

Là-bas si j’y suis et les Mutins de Pangée vous font vraiment

Un cadeau modeste et génial !


DEUX FILMS AVEC NOAM CHOMSKY
Novembre 2009, sortie d’un DOUBLE DVD
1 . CHOMSKY et Cie
2 . CHOMSKY ET LE POUVOIR (INEDIT)

Réalisation Olivier Azam et Daniel Mermet
Pour tout savoir : www.lesmutins.org
Pour commander : lesmutins.org/officine/


Chers Amis de Là-bas,
Grâce à vous l’aventure continue !
Après le succès en salle de Chomsky et Cie, voici la suite, Chomsky et le pouvoir, en réponse aux nombreuses questions posées lors des débats qui ont suivi les projections. Les deux films sortent dans un double DVD. Un moyen d’aller plus loin et de s’approprier le regard émancipateur de Chomsky.
Car c’est bien connu pour la crème des penseurs français, Chomsky est un négationniste, Chomsky a soutenu Pol Pot, Chomsky c’est la théorie du complot, Chomsky est anti-américain et donc antisémite. En un mot, Chomsky a les pieds fourchus.

C’est ce que nous avons voulu vérifier en partant sur ses traces à Boston en avril 2007. Et nous avons réussi à le rencontrer.

Pour mettre le monde en garde, nous avons lancé une souscription pour la réalisation d’un DVD avec les images des entretiens qu’il nous a donnés en avril 2007. Vous avez répondu si favorablement que nous avons eu les moyens suffisants pour réaliser « Chomsky et Cie ». Plus de 15 000 SMG, (Souscripteurs Modestes et Géniaux) nous ont soutenu. Un financement original qui nous a permis de déjouer pressions et censures économiques.
Avec le soutien du CNC (Centre National du Cinéma) et de France Inter, le film est sorti en salle en novembre 2008. Un accueil chaleureux de la presse et plus de 55 000 entrées, un vrai succès pour un documentaire ! Et le film fait le tour du monde, de Bratislava à Seattle, de Téhéran à Brasilia, de Buenos Aires à Alger. En juillet 2009, pour son festival estival, Michael Moore choisit de présenter ce « Modest and genial film »
Plus de 100 000 spectateurs au total et plus de 200 débats en France ! Grosse fatigue, vrai bonheur et beaucoup de questions sur des sujets qui n’étaient pas abordés dans le film ou sur des points qui demandaient précisions et développements.
Aussi, en passant par Boston en avril 2009, nous sommes retournés voir Noam Chomsky, avec l’essentiel de ces questions, les intellectuels et le pouvoir, le conflit israélo-palestinien, l’Etat et la crise du capitalisme, le socialisme libertaire, les luttes sociales d’hier et d’aujourd’hui.
Voilà ce qui a donné un deuxième document, « Chomsky et le pouvoir »
L’aventure continue donc, et nous en sommes heureux, plusieurs projets sont en route. Heureux aussi parce que votre soutien donne raison à nos penseurs de métier, c’est bel et bien un complot !

(Là-bas, Daniel Mermet)

dimanche 22 novembre 2009

Mon ami l'âne

Citation du jour
"Je suis toujours furieux contre moi quand les autres ont tort."
(Jean Giraudoux)

Les conseilleurs ne sont pas les payeurs...

C'est ce que me disait, il y a trois jours, mon ami l'âne.
Les idéeurs (émetteurs d'idées pour un meilleur futur)
sont les nouveaux utopistes.
Mais, même l'idée la plus belle n'a aucun avenir
si elle n'a pas l'absolution des grands anciens*...
(ceux de la presse et de la politique).
"Heureux qui communique", me disait mon ami l'âne en continuant.
"On les écoute, mais on ne les entend pas..."
*soi-disant sages

José Spéret ("Faire mieux la prochaine fois", ouvrage à paraître).


vendredi 20 novembre 2009

@rrêt sur images, n° 100

Citation du jour
"L'insurrection n'est point un état moral ;
elle doit être pourtant l'état permanent de la république."
(Marquis Donatien Alphonse François de Sade)


La gazette d'@rrêt sur images, n° 100

Non, il ne faut peut-être pas désespérer de tout. Prenons la Justice : on la décrit comme démoralisée, vaincue d'avance par la perspective de la suppression du juge d'instruction. Peut-être. Mais disons qu'il reste quelques étincelles. L'une de ces étincelles s'appelle Marc Trévidic, le juge qui instruit l'affaire de l'attentat de KarachiNotre émission @rrêt sur images est ici (2). Ses meilleurs moments sont là (3).

Un autre homme seul, face à un adversaire gigantesque, c'est l'écrivain Antoine Audouard, notre autre invité de la semaine, face au racisme. Face à tous les racismes ! A commencer par le racisme auquel nous consentons, celui qui est tapi à l'intérieur de nous-même. Ecoutez-le estimer comment, face à ce monstre, la littérature est une réponse...faible. Notre émission D@ns le texte, est ici (4).

Champagne ! Cette gazette est la centième, depuis la création du site. Les anniversaires sont l'occasion de se dire les choses. Alors autant vous le dire : c'est pour moi, chaque semaine, un plaisir de vous l'envoyer. J'adore vous murmurer à l'oreille le résultat de notre travail de la semaine. C'est pour cette raison, d'ailleurs, que je vous ai proposé de recevoir aussi dans votre boite mail ma chronique quotidienne matinale (près de neuf mille d'entre vous la reçoivent déjà). Et c'est aussi pourquoi je crois beaucoup à notre application iPhone : parce qu'elle nous permet de nous glisser dans votre poche, de vous atteindre partout, dans les trains et les cafés, d'être les compagnons de vos moments de désoeuvrement. Nous n'avons pas fini de vous surprendre.
(1). Quand Trévidic a exhumé le dossier qui sommeillait, en le ré-orientant dans une direction qui pourrait mettre en cause des financements politiques balladuriens en France, nous nous sommes dits "pas possible" ! "On" ne le laissera jamais faire ! Pourtant, l'instruction progresse. Comment ? Avec quelle difficulté ? Réagissant à un documentaire de Canal+ sur la Justice, Trévidic en personne nous explique sur le plateau, comment un juge d'instruction peut encore mener ses enquêtes en France, à condition de renoncer à son avancement, et...à l'aide de l'Etat.
Daniel Schneidermann

jeudi 19 novembre 2009

France Inter ne Kriss plus !

Citation du jour
"Notre vie est semblable à la mer vagabonde,
où le flot suit le flot, et l'onde pousse l'onde,
surgissant à la fin au havre de la mort.
(Jean-Baptiste Chassignet)


D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours écouté France Inter. Ces dernières années, régulièrement, le dimanche midi, chez moi c'était Crumble. Mais pas n'importe quel Crumble, celui de Kriss, la voix de FIP. Elle nous laisse à l'envers, car elle nous a quittés aujourd'hui, des suites d'une longue maladie... Putain de cancer ! José Spéret

"Dans deux minutes, l'antenne. Moment délicat où l'invité se décompose. Ses mains tremblent. Le faire rire. Où ai-je mis ma fiche ? Le distraire. Lui dire deux mots pour qu'il sente que j'ai compris ce qu'il vient défendre. Tenter une question comme on trempe un orteil dans la mer. Faire une gaffe, renverser mon verre, bafouiller, qu'il sache que c'est permis. Essais de voix. je mets mon casque. Mon casque c'est ma maison, mon cocon. J'écoute fort, à l'intérieur du son. J'entends les fêlures de sa voix, son souffle. Tout s'entend, la voix mouillée, la voix qui tremble, celle qui sourit, qui réclame. Les plaintes les plus lointaines sont inscrites dans la voix et les rires de l'enfance. Toutes ces voix qui s'envolent, invisibles et réelles. Est-ce bien raisonnable de déranger un satellite pour nos élucubrations ? Surtout ne jamais se poser cette question avant une émission."
Extrait du livre de Kriss "La sagesse d'une femme de radio" (L'oeil neuf/Inter 2005).
C'est en 1969, à vingt ans à peine, que Kriss, de son vrai nom Corinne Gorse (fille du ministre Georges Gorse), commence sa carrière de femme de radio à France Inter. Elle rencontre Pierre Codou et Jean Garetto, alors producteurs de L'Oreille en coin, qui lui proposent de réaliser des interviews et d'animer les dimanches après midi.
En 1971, toujours sous l'impulsion de Jean Garetto et de Pierre Codou, Kriss participe à la réflexion sur l'esprit "FIP 514" de France Inter Paris et fut donc l'une des premières "fipettes" (c'est ainsi que l'on appelait les animatrices de FIP). Cette radio, d'un type nouveau pour l'époque, proposait un programme essentiellement composé de musique, d'informations et de flashs sur l'état de la circulation dans Paris. Ces flashs avaient un ton et un humour qui furent la marque de Kriss.
Pendant la saison 1980-1981 elle anima À cœur et à Kriss, émission quotidienne à 15 heures.
Kriss anime ensuite plusieurs émissions sur France Inter dont Roue libre (1996-1999), Portraits sensibles (2000-2004), qui lui confèrent une notoriété dans l’art de l’interview humaniste et insolite.
Depuis 2005 elle animait Kriss Crumble le dimanche matin de 12h05 à 13h, toujours sur France Inter.
(info France Inter)

mercredi 18 novembre 2009

Malaise à France inter

Citation du jour
"Le bonheur est vide, le malheur est plein." (Victor Hugo)

mardi 17 novembre 2009

La carapace du texte

Citation du jour
"la pureté est le pouvoir de contempler la souillure".
(Simone Weil)

La carapace du texte
Il n'est pas simple de bousculer les idées sans bousculer les mots.
Je veux dire que la narration et la syntaxe ne s'improvisent pas,
à moins de poétiser ses rêves ou ses cauchemars.
Il faut apprendre à apprendre.
La musique littéraire est parfois trop dissonante pour être mélodieuse.
Le tempo, l'harmonie et la variété du vocabulaire, s'ils sont pauvres, ne composent qu'une mièvre prose.
La moisissure se dépose sur l'accentuation, les points et les virgules s'enterrent d'eux-mêmes.
La partition est ahurissante et abrutissante, l'hymne est imbécile et débilitant.
Anonymes et amis des synonymes sont jetés dans les cloaques, là où s'embourbent les ignorants,comme moi, pour essayer de se faire entendre.

Là, je pose mon stylo.
(Il ne crie pas assez fort et n'écrit pas suffisamment gras.)

C'est pas toujours facile, la vie d'agiculteur... surtout à notre époque : l'ère de la communication.
Mais, le grand paradoxe, c'est que tout le monde communique alors que tout le monde n'écoute personne.
Maintenant, le plébiscite rime plus avec publicité, promotion personnelle avant tout, c'est la civilisation du moi, je, moi et du bas art.
Dissoudre les émotions, dans des images ou des petites phrases assassines, est très révélateur.
Après coup, on se rend compte d'un grand vide dans ce genre de communication.
Ecoute, écoute... tu écoutes, mais tu n'entends pas.
Il faut de la raison se garder, et de l'oraison se méfier.
Pourtant, devant les nuages, il ne faut pas hésiter à méditer.
Je dois oublier quelque chose, suis-je bête ?
José Spéret ("Faire de vieux zoos", ouvrage à paraître)

dimanche 15 novembre 2009

Apologie du non-dit

Citation du jour
"L'homme n'est pas nécessaire." (Louis Guilloux)

Alors, j'écoute mais je ne comprends pas toujours.


Idée d'explication de texte :
L'approche des fêtes le mettait en joie.
La proche défaite le mettait en joie.
Idée d'interprétation du texte :
L'irrationnel résonne au-delà de tout entendement, vraiment ?
L'entendement résonne au-delà de l'irrationnel, sûrement !
Il est très facile de ramer avec les mots et je ne parle pas du faux nettique...
Tout ce qui bouscule paraît vite ridicule.
C'est un réflexe de rire de ce que l'on ne comprend pas tout de suite.
C'est une attitude typiquement humaine qui est conditionnée depuis le début de l'évolution de l'homme.
Mais les animaux, par exemple les dauphins, ont plus d'humour que nous.
Le problème, c'est qu'ils n'ont pas ce réflexe programmé.
Alors, même s'ils nous trouvent ridicules, ils rient in fine sous cape.
Mais qui s'en rend compte, à part le plancton ?
Ils savent, eux, que le chaînon manquant, c'est celui qui ne peut pas vivre sous l'eau, ni se déplacer dans les airs.
Une simple anomalie terricide, l'humain...
José Spéret ("Faire mieux la prochaine fois", ouvrage à paraître)

samedi 14 novembre 2009

La gazette d'@rrêt sur images, n° 99

Citation du jour
"L'esprit de la révolution sera trahi par l'esprit militaire." (Roger Martin du Gard)

La gazette d'@rrêt sur images, n° 99

Cette semaine que nous venons de vivre, c'est bien simple, je ne sais pas par quel bout la prendre. S'il faut faire un choix, précipitez-vous sur notre émission Ligne j@une. Avant de la regarder, oubliez toutes vos idées préconçues, sur la pudeur ou l'indécence. Nous y avons invité des malades ou handicapés, qui tous ont choisi de "bloguer" leur maladie, ou celle de leurs enfants. Nos invités ont propulsé leurs souffrances dans la sphère publique, bousculant chacun à leur manière la frontière entre ce que l'on cache, et ce que l'on montre. Pourquoi ? Quels liens ont-ils noué avec les internautes inconnus qui les suivent de si près ? Leurs réponses sont stupéfiantes. Quel autre media qu'Internet pourrait permettre le surgissement de cette parole brute, lumineuse, délivrée de toutes les contraintes ?

Grande première, dans @rrêt sur images : pour la première fois, nous recevons une icône (déchue) du sarkozysme, Christine Boutin. Elle a vécu de l'intérieur la grande machine à buzz, que nous décortiquons sur le site chaque semaine. Ecoutez-la évoquer ses guerres de com ' (maison à quinze euros, lutte contre les Don Quichotte, etc). Ecoutez-la surtout nous dire, enfin libérée, tout ce que l'on ne peut pas dire lorsqu'on est ministre en exercice, sur les us et coutumes du clan Sarkozy. Et en prime, si vous voulez savoir pourquoi elle a été virée, la révélation est aussi dans l'émission.

Enfin, pour mémoire, je vous rappelle que nous avons pris cette semaine une décision essentielle pour nous : nous ne solliciterons aucune aide financière de l'Etat, ces aides auxquelles les sites de presse sont maintenant éligibles. Pourquoi cette décision ? Je vous en explique les raisons sur le site. De l'avoir prise, en tout cas, nous nous sentons plus légers que jamais. Décision risquée ? Oui, mais nous savons pouvoir compter sur vous.
Daniel Schneidermann

vendredi 13 novembre 2009

Petite musique de nuit

Citation du jour
"J'ai appris que pour être prophète, ils suffisait d'être pessimiste."
(Elsa Triolet)

Petite musique de nuit

Peu importe le lieu
s'il y a toujours quelques notes de piano.

Peu importe l'espace
si la voix confine à la grâce.

L'harmonie n'a pas d'âge
si elle se fond dans le paysage.

L'émotion naît du murmure,
le son ne fait plus qu'un avec la nature.

Les bizarreries diurnes
deviennent des symphonies nocturnes.
José Spéret (Poésies & aphorismes)

jeudi 12 novembre 2009

Le pirate est de retour

Citation du jour
"L’art n’est pas d’arriver avec des idées neuves mais d’interpréter ces idées qui nous entourent depuis toujours."
(George Lucas)